Ensemble à Plectre des Hauts-Seine

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François MENICHETTI

18/08/2011 - Lu 2294 fois
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1892 - 1969

 

C'est en 1970, un an après la mort de François MENICHETTI, que j'ai eu le privilège d'être reçu par Madame MENICHETTI. Elle m'a généreusement ouvert les archives de son coeur , heureuse de l'hommage que je me proposais de rendre à son mari en rédigeant sa biographie.
François MENICHETTI est né à VIAREGGIO, en CORSE, au lendemain de Noël, le 26 Décembre 1892, dans une famille de musiciens. Son père, qui fabrique et répare les accordéons, est son premier professeur de solfège.
 
Jusqu'à 20 ans il vit dans l'ambiance particulière de "l'Ile de Beauté", qui a inspiré tant d'artistes,...un cadre propice au développement de son sens artistique et de son goût musical. Tout jeune enfant il se passionne pour l'art musical. Son livre de solfège a toutes les prédilections et prend souvent la priorité sur les livres de classe des Frères du Collège de BASTIA dont il est élève.
 
Il fait ensuite partie, en qualité de cornettiste, de la "LYRE BASTIAISE" mais lorsque près du kiosque de la place Saint Nicolas, il assiste aux concerts donnés par de brillantes formations de passage,...la musique de la Flotte,...celle de la Légion Etrangère,...son enthousiasme n'a plus de mesure. Son rêve serait d'en faire partie...un jour !
 
Il aurait souhaité faire très tôt des études musicales sérieuses mais en CORSE il n'y avait ni Ecole de Musique ni Conservatoire et aller sur le continent,.... il ne fallait pas y songer. En effet, étant le dernier d'une famille de neuf enfants, il n'aurait pas eu l'idée de demander un tel sacrifice à ses Parents. Il se contente donc de recevoir sur place l'enseignement qu'il peut y trouver.
 
Tous les instruments lui semblent également dignes d'intérêt et agréables. La mandoline et la guitare lui permettent de tenir sa partie dans les concerts. Souvent il accompagne à la guitare son ami MICHELETTI qui deviendra, plus tard, tenor à l'Opéra de Paris ; ils donnent tous deux des sérénades sous les balcons selon la coutume corse.
 
Travaillant aux côtés de son Père, François MENICHETTI attend dans l'impatience , le moment de pouvoir s'engager dans la marine de guerre à TOULON. Cependant le recrutement de musiciens se faisant par concours il n'ose pas, dès son arrivée, poser sa candidature, conscient que sa préparation musicale était insuffisante. Mais persévérant dans son idée il se fait présenter au Maitre BONNAND, professeur au Conservatoire de TOULON et 1er Prix de Paris. Ce dernier constate ses dispositions et sa ténacité et l'accepte comme élève.
 
C'est là le commencement de la réalisation de ses rêves. Il est reçu au concours et devient immédiatement "Quartier-Maitre Musicien". Le Chef de Musique du bord découvre ses dons exceptionnels et l'encourage à travailler l'harmonie.
 
Il se met au travail sous la direction des grands maitres et pendant la guerre 1914/1918, à bord des cuirassés, VOLTAIRE, JEAN BART, CONDORCET, ses heures de service achevées, il se réfugie dans un coin tranquille. Sans se laisser distraire, sans se soucier des attaques sous-marines, il travaille à ses devoirs d'harmonie.
 
François MENICHETTI commence à satisfaire son goût de la composition et la mer, sur laquelle il passe ses jours, est sa première inspiratrice :"La chanson de la vague", Le vieux chalutier", La mathurine", etc....sont chantés au cours de concerts donnés sur le bateau pour distraire les marins. Encouragé par l'Amiral il fonde un petit orchestre très apprécié.
 
Après la guerre il prépare le concours de sous-chef de musique de l'armée. Il obtient le N° 1 aux épreuves d'harmonie. C'est alors que, souhaitant connaître la musique militaire qui l'avait tant fait rêver autrefois, il demande d'être affecté à la "Légion Etrangère" à SIDI-BEL-ABBES où il remplira les fonction de "Sous-Chef de Musique" et dont il gardera jusqu'au dernier jour un souvenir inoubliable.
 
Son passage dans différents régiments est marqué par des compositions variées, notamment des marches spéciales pour ces unités. : "La marche des tirailleurs", si connue, fut composée en Algérie ainsi que "Nos braves turcos", "Corsica", "Ripostom", "La voix du désert", morceaux de genre exotique adaptés aux instruments arabes qu'il met au point tout en révisant leur fabrication. Toute ces oeuvres ont été enregistrées, à l'époque, avec ces intruments typiques.
 
Parallèlement à ces compositions, François MENICHETTI continua à travailler, sous la direction du Maitre CAUSSADE, professeur de fugue et de contre-point au Conservatoire de Paris. Il paie ses leçons, fort chères, après avoir prélevé, chaque mois, la somme qu'il réserve à sa Mère devenue veuve.
 
Ses efforts sont récompensés par une complète réussite au concours de "Chef de Musique" : Il est encore N° 1 aux épreuves d'harmonie.
 
La guerre, la seconde pour lui, le surprend alors qu'il se trouve au 80e R.I. à METZ. Il est fait prisonnier avec son régiment. Il exprime ses souvenir de captivité en musique : "Gross Born", "Par cinq", etc...Ses ouvertures dramatiques, "La Vallée Maudite", "La Dernière Etape", sont également des réminiscences de cette époque tragique.
 
Son talent de compositeur a beaucoup gagné aux études d'harmonie et d'orchestration qui lui donnèrent son grade dans l'armée. Il eut à coeur de ne présenter que des oeuvres correctement écrites dans le but, et animé du souci, de former le goût de la bonne musique chez ses interprètes.
 
Rendu à la vie civile il s'occupe activement de ses compositions. Il publie un bulletin, "Le Médiator", dont le N° 1 parait en Juillet 1948, à l'intention des orchestres à plectres pour lesquels il avait une prédilection particulière. Il met tout en oeuvre pour mettre en valeur les "estudiantinas". Il se dépense sans compter dans les jurys des concours en France, Hollande, Allemagne et Angleterre.
 
Trente numéros du "Médiator " ont paru. Le N° 31 ne paraitra jamais, la mort ayant fait son oeuvre le 27 Août 1969 ; François MENICHETTI avait 76 ans.
 
A l'actif de François MENICHETTI il convient de noter la constitution , fin 1956, d'un excellent orchestre à plectre qui emprunta le nom de "MEDIATOR" et enregistra chez BARCLAY, DECCA, TROUBADOUR, TIVOLI,etc...un nombre important d'oeuvres. François MENICHETTI avait, pour ces enregistrements, effectué une sélection d'excellents musiciens. Au nombre de ceux-ci notons...Mlle Ginette CORDOIN (future Mme Schneider), Paule GHELFI, et.... Messieurs André SAINT-CLIVIER, Maurice DEMAURY, AUMAITRE, Valère BLANC, Romain WORSCHECH, René POITOU, et bien entendu le très jeune et talentueux Christian SCHNEIDER. Madame Maria SCIVITTARO , alors au sommet de son art, a également participé à cette création mais...les conceptions divergeantes d'interprètation entre elle et François MENICHETTI n'ont pas autorisé une collaboration durable. Cet orchestre semble avoir cessé son activité quelques année avant la mort du compositeur.
 
Les marches de François MENICHETTI,.... "Les Gars du 80","La Marche du Train", "Gloire au 7e Génie", "Salut aux vainqueurs", "Marche de la police d'Etat", "Vive Monsieur le Maire".... figurent dans tous les répertoires.
 
"La Sérénade Corse" et "La Rapsodie Corse" sont des souvenirs de son ile natale. Les moceaux de genre tels que "Aubade au Président", "Bouquet oriental", "Ballet des roses", "Aubade printanière", "Joyeux page", "Gitanella", figurent encore dans de nombreux programmes.
 
La variété de ses inspirations peut être représentée par "Les Yeux Noirs", "A travers la Hongrie", "Notre Hymne", ou "Gloire à la Musique"....qui fut la grande passion de sa vie. François MENICHETTI, ardent défenseur des orchestres à plectre, était Chevalier de la Légion d'Honneur, titulaire de la Médaille Militaire, Officier d'Instruction Publique, sans compter un vingtaine d'autres distinctions. En outre il était Président de " l'Amicale des Musiciens de l'Armée", Conseiller technique des orchestres à plectres de la Confédération Musicale de France et président d'Honneur de plusieurs sociétés dont l'ESTUDIANTINA d'ARGENTEUIL.
 
S'il est une singularité dans la musique de François MENICHETTI c'est bien le rapprochement constant des rythmes et envolées très "militaires" avec la douceur romantique et nostalgique inspirée de son ile natale.
 
Francois MENICHETTI apporta un prolongement à l'oeuvre de Mario MACIOCCHI dont il était l'ami. Les mandolinistes et guitaristes ne sauraient dissocier ces deux apôtres dont toutes les ressources furent mises au service de la musique plectrale dans le plus total désinteressement personnel.
 
 
Georges-Charles BERNARD

 

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