Ensemble à Plectre des Hauts-Seine

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Jeanne RICARDA-MATHOREZ

18/08/2011 - Lu 2786 fois
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1887 - 1980

  

Il était impossible d'évoquer la mandoline et la guitare sans faire référence au "MANDOLIN'CLUB de PARIS" '(grand prix du disque de l'Académie Charles Cros) qu'a fondé, animé et dirigé Madame Jeanne.RICADA-MATHOREZ. Qui n'a pas entendu sur les ondes, ou vu à la télévision, cette brillante phalange qui savait, avec brio et sensibilité, mettre en valeurs nos instruments. Mais, qu'aurait été cet orchestre sans Madame RICADA-MATHOREZ? Assurément il n'aurait pas existé.
 
C'est le 5 Octobre 1887 à 02h15, que nait , à VILLIERS-sur-MARNE, (94) Louise, Pauline, Jeanne MATHOREZ d'une mère sans profession et d'un père avocat à la Cour d'Appel de PARIS.
 
C'est véritablement une profonde vocation qui attira Madame RICADA-MATHOREZ vers la mandoline dès sa plus tendre enfance. Cette attirance a sans doute puisé sa source dans une ascendance, toute de rythme et de musique, venue d'outre Pyrenées. C'est par attavisme que la petite fille d'alors manifestait une sensibilité exceptionnelle à l'audition de musiques espagnoles et se laissait aller spontanément à la danse.
 
Un grand-père chef d'orchestre à l'Opéra et une Tante professeur de piano au Conservatoire de Paris ne pouvaient que tracer un chemin musical à la petite fille : à cinq ans elle était au piano.
 
En 1895, elle a huit ans, elle demande au "Père Noël", une mandoline. C'est avec désespoir qu'elle découvre dans la cheminée..un violon...! Elle étudie cet instrument pendant deux ans mais la mandoline restait le secret espoir de son coeur.
 
Cependant, ses parents prirent conscience de cette vocation marquée et la petite Jeanne (c'est le prénom qu'elle a gardé) eut, enfin, "sa mandoline". Le grand envol vers l'étude approfondie de cet instrument prit naissance à la faveur d'un concert donné par Edgard BARA, alors à l'Opéra de Paris...C'était l'époque bénie ou l'on conduisait les enfants à l'Opéra !! Elle accomplit des études musicales très sérieuses sous la; direction d'Edgard BARA pour la mandoline et la guitare. Elle complèta ses études de guitare avec le célèbre David Del CASTILLE (toujours l' Espagne...).
 
Le 5 Avril 1912, à CORBEIL (91), elle épouse Monsieur Germain-Emilien SABATIER qui disparaitra dès les 1ères heures de la première guerre mondiale (1914), information que m'a rapportée ma propre Mère .
 
Veuve à 27 ans, elle se remarie à 30 ans, le 11 Septembre 1917, à NEUILLY S/S (92), avec Monsieur Louis-Joseph RICADA. C'est sous le double nom, RICADA-MATHOREZ, qu'elle connaîtra la célèbrité.
 
Bien avant cette période noire de la guerre Mademoiselle Jeanne MATHOREZ donnait des cours de mandoline et guitare à l' "Association Philotechnique" de NEUILLY S/S.
 
Avant de rencontrer, en 1970, cette femme exceptionnelle pour une première version de sa biographie, j'avais eu nombre de commentaires par ma Mère qui fut son élève au tout début du siècle. Elle figurait au nombre des élèves avec qui elle fonda , en 1908, le CERCLE MANDOLINISTE de NEUILLY. Cette société participa à de nombreux festivals et concours. Elle eut à se mesurer, plus tard, en toute fraternité musicale, au CERCLE MANDOLINISTE de COURBEVOIE.
 
Dans la même période elle a créé, à l'instar du Maitre Mario MACIOCCHI, un "Journal des Estudiantinas" intitulé "LE MEDIATOR", titre qui sera repris plus tard par François MENICHETTI. Il semble bien que l'année 1909 fut celle de cette création ; le N° 39 de Novembre 1911 fait, en effet, état de la 2e année de parution.
 
Pour la petite histoire il est à noter que les deux sociétés portaient les mêmes couleurs, jaune et rouge. Les courbevoisiens ont, sans doute, apprécié ces couleurs apperçues sur l'autre rive de la SEINE, mais surtout l'aide apportée par Madame RICADA-MATHOREZ à la création du C.M.C. avant Janvier 1921.
 
En 1920 Madame RICADA-MATHOREZ entre à l'Opéra de PARIS. Sa 1ère audition eut lieu dans "Othello". Elle jouera par la suite dans toutes les oeuvres faisant appel à la mandoline et retrouvera, plus tard, Madame VALMAGGIA, Madame SCIVITTARO, Madame HERVILLARD ( qui a joué au Mandolin'Club de Paris, à l'O.A.P. de la S.N.C.F.de Paris, à l'E.A.P.des Hauts de Seine..et m'a reçu fort obligeament lors d'une visite que je lui ai rendue fin 2000) et Mr Georges FERRET, frère de Charles FERRET, 1er violon de l'Opéra de PARIS, compositeur et directeur de l'ESTUDIANTINA du XVIIIe arrondissement de PARIS.
 
En 1950, Monsieur Charles FERRET quitte ce monde. Ses musiciens sont alors venus demander à Madame RICADA-MATHOREZ de rassembler les éléments épars de la société de Monsieur FERRET et de les joindre à ceux du CERCLE MANDOLINISTE de NEUILLY.. L'opération se réalise très vite pour le plus grand bonheur de tous.
 
C'est alors que se produit l'évènement qui devait donner naissance au MANDOLIN'CLUB de PARIS.
 
Le CERCLE MANDOLINISTE de NEUILLY donna un concert "sur les ondes", comme on disait alors. Cette audition n'échappa point au Directeur des disques "Festival" qui proposa à Madame RICADA-MATHOREZ de faire un disque "à l'essai". Ce fut un 45 tours comportant, entre autres oeuvres, "Maria Morena".
 
Six mois plus tard c'était le "Grand Prix du Disque" et un contrat en exclusivité qui, à partir de 1954 n'a jamais été interrompu. Il fallut alors prendre un titre qui ne limitait pas à la seule banlieue le champ d'action du CERCLE MANDOLINISTE de NEUILLY . Il devint le MANDOLIN'CLUB de PARIS qui a compté à son actif plus de 50 disques. Cette formation était composée comme suit :
 
14 mandolines (solo, a,b,c)                          5 Mandoles
6 guitares                                                          1 luth
1 violoncelle                                                      1 flûte
1 contrebasse                                                  1 piano
1 batterie et accessoires
En certaines occasions il a su s'adjoindre la harpe et la guitare hawaïenne.
 
L'un des mérites de Madame RICADA-MATHOREZ, outre son grand talent musical, est sans conteste d'avoir compris très tôt que l'estudiantina, dans sa forme en quatre parties ne pouvait pas se suffire sur le plan harmonique. Il importait d'ajouter aux sonorités propres des mandolines et guitares d'autres couleurs par l'adjonction d'instruments divers judicieusement choisis en fonction des oeuvres. C'est ainsi que le MANDOLIN'CLUB de PARIS, héritier du CERCLE MANDOLINISTE de NEUILLY, a considérablement élargi son répertoire. Il a bénéficié dans ce sens du précieux concours du Maitre José SENTIS auteur de nombreuses oeuvres originales et d'arrangements pour orchestres à plectre. Dans le cadre du MANDOLIN'CLUB Mr José SENTIS tenait le piano.
 
Comparé au répertoire pour orchestres symphoniques celui des O.A.P., fin XIXe, début XXe siècles, est relativement modeste en nombre d'oeuvres, nonobstant les productions de Mario MACIOCCHI dans la première moitié du siècle et de Sylvain DAGOSTO dans la seconde.
 
Après la seconde guerre mondiale ce répertoire avait pris de l'âge. Le grand public a manifesté de l'intérêt pour les musiques "du jour" (chansons et musiques de films par exemple) et les oeuvres invitant aux voyage et au dépaysement. C'est ce que Madame RICADA-MATHOREZ et le compositeur José SENTIS ont bien vite compris et réalisé.
 
Il faudra attendre les 30 dernières années du XXe siècle pour assister à la renaissance du répertoire mandolinistique des XVIIe et XVIIIe siècles, période faste de la mandoline (Ensemble Schneider, Trio Couperin, Quatuor Perret, etc...).
 
Madame RICADA-MATHOREZ fut en son temps et jusqu'en 1960, citoyenne de la ville de COURBEVOIE où elle était domiciliée 11 rue Léon BOURGAIN. Elle fit l'accquisition, le 30 Mai 1960, d'une maison située 28 Bd Aristide BRIAND à VILLIERS S/ MARNE, sa ville natale. C'est là que j'ai retrouvé sa trace et le fil conducteur permettant de remonter le cours de sa vie grâce à l'obligeance de Mr et Mme MARTEL, les actuels jeunes propriétauires de cette maison. Ils ont été heureux d'apprendre que "ces murs ont baigné dans la musique".
 
Madame Jeanne RICADA-MATHOREZ quittera ce monde le 16 Janvier 1980 (jour anniversaire du C.M.C.) dans sa 93ème année laissant un considérable héritage musical au patrimoine de la musique plectrale.
 
J'ajoute que, de ma rencontre avec elle en 1970, je garde le souvenir d'une charmante vieille dame. Elle a souhaité que je joue dans sa formation (ce que j'ai accepté quelquefois) reportant sur le fils l'amitié qu'elle avait conservé pour ma Mère, son ancienne élève.
 
 
Georges-Charles BERNARD 
 

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